{"id":610,"date":"2026-08-20T11:16:33","date_gmt":"2026-08-20T10:16:33","guid":{"rendered":"https:\/\/afrikmigrante.com\/?p=610"},"modified":"2026-08-20T12:03:39","modified_gmt":"2026-08-20T11:03:39","slug":"migrations-en-afrique-routes-et-crises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afrikmigrante.com\/index.php\/2026\/08\/20\/migrations-en-afrique-routes-et-crises\/","title":{"rendered":"Migrations en Afrique : les routes changent, les crises d\u00e9placent les populations et les dangers persistent"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Du Sahel \u00e0 la Corne de l\u2019Afrique, du bassin du lac Tchad aux c\u00f4tes atlantiques, le rapport de l\u2019Organisation internationale pour les migrations (OIM) sur les routes migratoires entre janvier et avril 2026 montre une Afrique en mouvement. La majorit\u00e9 des mobilit\u00e9s restent africaines, mais les conflits, le changement climatique, les difficult\u00e9s \u00e9conomiques et le durcissement des fronti\u00e8res rendent certains parcours toujours plus dangereux.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L\u2019Afrique migre d\u2019abord \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019Afrique<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La migration africaine ne se r\u00e9sume pas aux embarcations qui quittent les c\u00f4tes du S\u00e9n\u00e9gal, de la Mauritanie ou de la Libye pour rejoindre l\u2019Europe. C\u2019est l\u2019une des principales le\u00e7ons du rapport de l\u2019Organisation internationale pour les migrations (OIM), consacr\u00e9 aux routes migratoires mondiales entre janvier et avril 2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En Afrique, les populations se d\u00e9placent d\u2019abord \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du continent. Elles bougent pour travailler, rejoindre leur famille, chercher des terres, fuir les conflits, s\u2019adapter aux s\u00e9cheresses ou pr\u00e9server leurs moyens de subsistance. Lorsque ces mobilit\u00e9s se prolongent vers l\u2019Afrique du Nord et l\u2019Europe, les risques augmentent consid\u00e9rablement : d\u00e9sert, d\u00e9tention, exploitation, naufrages, violences, extorsions et disparitions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En Afrique de l\u2019Ouest et centrale, la r\u00e9gion accueille environ 11,3 millions de migrants. Surtout, 77 % de ces migrants sont originaires de la r\u00e9gion elle-m\u00eame. La C\u00f4te d\u2019Ivoire accueille environ 2,9 millions de migrants, devant le Nigeria avec 1,4 million et le Tchad avec 1,3 million.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces chiffres permettent de comprendre une r\u00e9alit\u00e9 souvent masqu\u00e9e par le d\u00e9bat sur les arriv\u00e9es en Europe : la migration africaine est avant tout une migration r\u00e9gionale. Les travailleurs circulent entre les pays, les familles se d\u00e9placent, les commer\u00e7ants franchissent les fronti\u00e8res, tandis que les agriculteurs et les \u00e9leveurs suivent les ressources disponibles ou fuient les zones de conflit.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La libre circulation existe, mais reste difficile dans la pratique<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En Afrique de l\u2019Ouest, la libre circulation est notamment encadr\u00e9e par le protocole de la CEDEAO sur la libre circulation des personnes, le droit de r\u00e9sidence et d\u2019\u00e9tablissement. En Afrique de l\u2019Est, des m\u00e9canismes comparables existent \u00e9galement dans le cadre de la Communaut\u00e9 d\u2019Afrique de l\u2019Est et de l\u2019IGAD.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais entre le droit th\u00e9orique et la r\u00e9alit\u00e9, le foss\u00e9 reste important. Une partie des migrants ne poss\u00e8de pas les documents d\u2019identit\u00e9 n\u00e9cessaires pour b\u00e9n\u00e9ficier pleinement des m\u00e9canismes de mobilit\u00e9 r\u00e9guli\u00e8re. Le manque d\u2019actes de naissance, de cartes nationales d\u2019identit\u00e9 ou de passeports, mais aussi le co\u00fbt des d\u00e9marches, les distances, la complexit\u00e9 administrative et le manque d\u2019information constituent autant d\u2019obstacles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le rapport donne notamment l\u2019exemple de ressortissants \u00e9thiopiens qui se d\u00e9placent vers le Kenya. Malgr\u00e9 les m\u00e9canismes de libre circulation, les difficult\u00e9s administratives li\u00e9es \u00e0 l\u2019obtention des documents peuvent pousser certains voyageurs \u00e0 franchir la fronti\u00e8re de mani\u00e8re irr\u00e9guli\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le climat devient un facteur migratoire majeur<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La migration africaine ne peut plus \u00eatre analys\u00e9e uniquement \u00e0 travers la pauvret\u00e9 ou la recherche d\u2019emploi. Le changement climatique joue d\u00e9sormais un r\u00f4le important dans les d\u00e9cisions de mobilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans une enqu\u00eate men\u00e9e aupr\u00e8s de 96 471 migrants au Burkina Faso, au Tchad, au Mali, au Niger, en Guin\u00e9e et au S\u00e9n\u00e9gal, 51 % ont d\u00e9clar\u00e9 avoir observ\u00e9 des changements environnementaux dans leur r\u00e9gion d\u2019origine. Parmi eux, 44 % ont affirm\u00e9 que ces changements avaient contribu\u00e9 \u00e0 leur d\u00e9cision de migrer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">S\u00e9cheresse, d\u00e9sertification, perte de ressources et d\u00e9gradation des moyens de subsistance viennent ainsi se combiner aux difficult\u00e9s \u00e9conomiques et aux conflits. La migration devient alors, pour certaines populations, une strat\u00e9gie d\u2019adaptation.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Sahel : quand climat, pauvret\u00e9 et conflits se combinent<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le Sahel, les d\u00e9placements sont li\u00e9s \u00e0 plusieurs crises simultan\u00e9es. Le rapport d\u00e9crit notamment deux grands foyers de d\u00e9placement : le bassin du lac Tchad et la r\u00e9gion du Liptako-Gourma, au c\u0153ur du Sahel central.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le bassin du lac Tchad, les d\u00e9placements sont aliment\u00e9s par le conflit, la pauvret\u00e9 et le changement climatique. En avril 2026, le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Nigeria comptaient pr\u00e8s de 6,5 millions de personnes affect\u00e9es par la crise, parmi lesquelles plus de 3,3 millions de d\u00e9plac\u00e9s internes, environ 2,7 millions de retourn\u00e9s et plus de 500 000 r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le Liptako-Gourma, entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, la crise est associ\u00e9e \u00e0 la rar\u00e9faction des ressources, \u00e0 la pression climatique, \u00e0 la pauvret\u00e9, \u00e0 la faiblesse de la gouvernance et aux violences commises par des groupes arm\u00e9s non \u00e9tatiques. En avril 2026, elle avait provoqu\u00e9 le d\u00e9placement de 3,49 millions de personnes, dont 2,75 millions de d\u00e9plac\u00e9s internes et 739 441 r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">De l\u2019Afrique de l\u2019Ouest vers les Canaries : les d\u00e9parts se d\u00e9placent vers le sud<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La route atlantique ouest-africaine est l\u2019un des exemples les plus frappants de la transformation des routes migratoires. Elle relie les c\u00f4tes d\u2019Afrique de l\u2019Ouest et d\u2019Afrique du Nord aux \u00eeles Canaries.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pendant plusieurs ann\u00e9es, le Maroc, la Mauritanie et le S\u00e9n\u00e9gal ont constitu\u00e9 les principaux pays de d\u00e9part. Mais le renforcement des contr\u00f4les a progressivement d\u00e9plac\u00e9 certains points de d\u00e9part vers le sud, notamment vers la Guin\u00e9e, la Guin\u00e9e-Bissau et la Gambie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Entre janvier et avril 2026, 2 276 personnes sont arriv\u00e9es en Espagne par cette route, soit une baisse de 78 % par rapport \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode de 2025. Cette diminution ne signifie toutefois pas que les facteurs de d\u00e9part ont disparu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le renforcement de la surveillance des c\u00f4tes peut pousser les migrants vers des zones plus \u00e9loign\u00e9es et moins surveill\u00e9es. Les voyages deviennent alors plus longs, tandis que les risques li\u00e9s aux embarcations surcharg\u00e9es, aux naufrages, aux passeurs et aux mauvaises conditions de navigation augmentent.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La Gambie devient un nouveau point de d\u00e9part<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9placement des d\u00e9parts vers le sud est particuli\u00e8rement visible en Gambie. Entre janvier et avril 2026, les Gambiens repr\u00e9sentaient 27 % des arriv\u00e9es sur la route atlantique, contre 2 % au cours de la m\u00eame p\u00e9riode de l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le rapport \u00e9voque notamment des d\u00e9parts depuis Jinack Island, dans l\u2019embouchure du fleuve Gambie. La zone, caract\u00e9ris\u00e9e par ses mangroves et une pr\u00e9sence \u00e9tatique limit\u00e9e, serait devenue attractive pour l\u2019organisation de d\u00e9parts clandestins. Des naufrages mortels et des embarcations port\u00e9es disparues ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s au large de la Gambie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La route reste extr\u00eamement dangereuse. Le rapport indique que les d\u00e9c\u00e8s et disparitions sur cette route ont fortement augment\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es. En 2025, 633 d\u00e9c\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Mali, S\u00e9n\u00e9gal, Guin\u00e9e : les principaux pays d\u2019origine<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La route atlantique est principalement utilis\u00e9e par des ressortissants du Mali, du S\u00e9n\u00e9gal, de la Guin\u00e9e, du Maroc et de la Mauritanie. Les difficult\u00e9s \u00e9conomiques, les conflits, les violences cibl\u00e9es et les changements environnementaux figurent parmi les facteurs de mobilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour une partie des migrants, le voyage vers les Canaries n\u2019est pas un d\u00e9placement direct depuis leur pays d\u2019origine. Il peut \u00eatre pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019un long parcours \u00e0 travers plusieurs pays d\u2019Afrique de l\u2019Ouest et du Sahel.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">M\u00e9diterran\u00e9e occidentale : une autre route sous pression<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La route m\u00e9diterran\u00e9enne occidentale relie principalement l\u2019Afrique du Nord \u00e0 l\u2019Espagne. Entre janvier et avril 2026, 5 647 arriv\u00e9es en Espagne ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es sur cette route, soit une augmentation de 66 %.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les arriv\u00e9es terrestres ont notamment fortement progress\u00e9 \u00e0 Ceuta et Melilla. Le rapport estime que cette \u00e9volution peut refl\u00e9ter une pression accrue sur certains points d\u2019arriv\u00e9e et la volont\u00e9 de certains migrants d\u2019\u00e9viter les patrouilles maritimes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La route reste principalement utilis\u00e9e par des ressortissants alg\u00e9riens et marocains, mais l\u2019OIM observe \u00e9galement une pr\u00e9sence croissante de migrants originaires d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, d\u2019Afrique centrale et de la Corne de l\u2019Afrique.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La M\u00e9diterran\u00e9e centrale : moins d\u2019arriv\u00e9es, davantage de morts<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La route de la M\u00e9diterran\u00e9e centrale relie principalement la Libye et la Tunisie \u00e0 l\u2019Italie et \u00e0 Malte. Entre janvier et avril 2026, 8 577 arriv\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es en Italie et \u00e0 Malte, soit une diminution de 46 %.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais cette baisse s\u2019accompagne d\u2019un bilan humain particuli\u00e8rement lourd : 821 d\u00e9c\u00e8s ou disparitions ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9s, soit une hausse de 111 %.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Libye reste au c\u0153ur de cette dynamique. Elle repr\u00e9sentait 87 % des d\u00e9parts enregistr\u00e9s vers l\u2019Italie, contre 8 % pour la Tunisie et 5 % pour l\u2019Alg\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La Libye, au c\u0153ur des mobilit\u00e9s africaines<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Libye n\u2019est pas seulement un pays de d\u00e9part vers l\u2019Europe. Elle est aussi un pays de destination et de transit pour des centaines de milliers de migrants africains.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon les donn\u00e9es de l\u2019OIM pour janvier-f\u00e9vrier 2026, la Libye comptait 936 134 migrants. Les quatre principales nationalit\u00e9s recens\u00e9es \u00e9taient les Soudanais, les Nig\u00e9riens, les \u00c9gyptiens et les Tchadiens. Les Tchadiens repr\u00e9sentaient 9 % de cette population migrante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour les migrants venant d\u2019Afrique de l\u2019Ouest et d\u2019Afrique centrale, le voyage vers la M\u00e9diterran\u00e9e peut commencer tr\u00e8s loin au sud du Sahara. Des itin\u00e9raires passent notamment par le Niger, le Tchad ou le Mali avant de rejoindre la Libye.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le parcours peut \u00eatre aussi dangereux que la travers\u00e9e maritime. Le rapport fait \u00e9tat de situations de travail forc\u00e9 ou non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9, d\u2019enl\u00e8vements contre ran\u00e7on, de traite, de violences et de conditions difficiles dans certains lieux de d\u00e9tention.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La Corne de l\u2019Afrique : s\u00e9cheresse, conflits et mobilit\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Corne de l\u2019Afrique constitue une autre grande zone de mobilit\u00e9. La route relie notamment l\u2019\u00c9thiopie, la Somalie, Djibouti et le Kenya, avec des prolongements vers d\u2019autres pays de la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Entre 2018 et 2025, environ 2,8 millions de mouvements ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s sur cette route. Une part importante est intra-r\u00e9gionale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En \u00c9thiopie, le rapport observe un lien entre les \u00e9pisodes de s\u00e9cheresse et l\u2019augmentation de la mobilit\u00e9. Des populations issues notamment des r\u00e9gions Somali, Oromia et Afar se d\u00e9placent vers des pays voisins comme la Somalie et Djibouti, \u00e0 la recherche de ressources et de conditions de subsistance plus favorables.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La transhumance est aussi une forme de mobilit\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la Corne de l\u2019Afrique, les mouvements humains sont \u00e9troitement li\u00e9s aux d\u00e9placements des troupeaux. Entre octobre 2025 et avril 2026, l\u2019OIM a collect\u00e9 des donn\u00e9es sur 4 785 groupes d\u2019\u00e9leveurs accompagn\u00e9s de 3,7 millions d\u2019animaux en \u00c9thiopie, au Kenya, en Somalie et en Ouganda.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour 58 % des groupes recens\u00e9s, le changement climatique \u00e9tait associ\u00e9 aux d\u00e9placements. La recherche de p\u00e2turages et d\u2019eau, dans un contexte de perturbations climatiques, expliquait une grande partie des mouvements transfrontaliers.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La migration africaine ne concerne donc pas uniquement les personnes qui franchissent une fronti\u00e8re pour travailler ou chercher refuge. Elle concerne aussi les syst\u00e8mes pastoraux et les communaut\u00e9s dont la survie d\u00e9pend directement de l\u2019acc\u00e8s aux ressources naturelles.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Vers l\u2019Afrique australe : une longue route continentale<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une autre route importante traverse l\u2019Afrique de l\u2019Est et se dirige vers l\u2019Afrique australe, notamment vers l\u2019Afrique du Sud. Elle concerne notamment des personnes originaires d\u2019\u00c9thiopie et de Somalie et traverse plusieurs pays, dont le Kenya, la Tanzanie, le Malawi, la Zambie, le Zimbabwe et le Mozambique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Entre janvier et avril 2026, environ 24 237 mouvements ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s sur cette route, soit une baisse de 39 %. Dans le m\u00eame temps, les retours ont augment\u00e9 de 27 %.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le rapport souligne toutefois que l\u2019\u00e9volution des chiffres doit \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e avec prudence, notamment en raison des changements dans la collecte des donn\u00e9es et du renforcement des contr\u00f4les migratoires.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Une m\u00eame r\u00e9alit\u00e9 : les routes se d\u00e9placent<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 travers toutes ces r\u00e9gions, un m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne appara\u00eet. Lorsque les routes traditionnelles sont davantage contr\u00f4l\u00e9es, les migrants cherchent d\u2019autres itin\u00e9raires. Lorsque les d\u00e9parts sont surveill\u00e9s sur certaines c\u00f4tes, ils se d\u00e9placent vers des zones plus \u00e9loign\u00e9es. Lorsque les fronti\u00e8res sont renforc\u00e9es, certains voyageurs empruntent des chemins moins contr\u00f4l\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette recomposition des routes peut rendre les d\u00e9placements plus longs et plus dangereux. Elle est particuli\u00e8rement visible sur la route atlantique, o\u00f9 le d\u00e9placement des d\u00e9parts vers le sud allonge les travers\u00e9es maritimes. Elle appara\u00eet \u00e9galement sur les routes sahariennes et m\u00e9diterran\u00e9ennes.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le v\u00e9ritable visage des migrations africaines<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les chiffres du premier quadrimestre 2026 montrent qu\u2019il serait r\u00e9ducteur de mesurer la migration africaine uniquement \u00e0 travers les arriv\u00e9es en Europe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La majorit\u00e9 des mobilit\u00e9s se d\u00e9roule \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du continent. Les conflits provoquent des d\u00e9placements internes et transfrontaliers. Les difficult\u00e9s \u00e9conomiques alimentent les migrations de travail. Le changement climatique modifie les d\u00e9placements des agriculteurs et des \u00e9leveurs. Les politiques de contr\u00f4le transforment les itin\u00e9raires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le rapport de l\u2019OIM dessine ainsi une Afrique en mouvement, o\u00f9 les fronti\u00e8res ne font pas dispara\u00eetre les besoins de mobilit\u00e9. Elles peuvent seulement modifier les chemins emprunt\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Conclusion : l\u2019Afrique ne cesse pas de migrer, elle change de routes<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9bat sur les migrations africaines se concentre souvent sur les d\u00e9parts vers l\u2019Europe. Pourtant, les donn\u00e9es de l\u2019OIM montrent une r\u00e9alit\u00e9 beaucoup plus large : l\u2019Afrique est d\u2019abord un espace de mobilit\u00e9 interne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Du bassin du lac Tchad \u00e0 la Corne de l\u2019Afrique, du Sahel aux c\u00f4tes atlantiques, des routes sahariennes \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e, les d\u00e9placements r\u00e9pondent \u00e0 des causes multiples : conflits, recherche d\u2019emploi, pauvret\u00e9, changement climatique, besoins familiaux et recherche de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La diminution des arriv\u00e9es sur certaines routes europ\u00e9ennes ne signifie donc pas la disparition des migrations. Les routes peuvent changer, se d\u00e9placer ou devenir plus difficiles \u00e0 d\u00e9tecter. Les populations, elles, continuent de chercher des solutions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour les \u00c9tats africains et leurs partenaires, l\u2019enjeu est d\u00e9sormais de renforcer les voies de mobilit\u00e9 r\u00e9guli\u00e8re, de prot\u00e9ger les migrants et de s\u2019attaquer aux causes profondes des d\u00e9placements. Car derri\u00e8re les statistiques se trouvent des femmes, des hommes, des enfants, des travailleurs, des r\u00e9fugi\u00e9s et des familles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une conclusion s\u2019impose : en Afrique, les migrations ne disparaissent pas. Elles se transforment.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code\"><code><em><strong>Source : <\/strong>Organisation internationale pour les migrations (OIM), rapport sur les routes migratoires mondiales, janvier-avril 2026, document fourni par Afrik Migrante Media<\/em><\/code><\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du Sahel \u00e0 la Corne de l\u2019Afrique, du bassin du lac Tchad aux c\u00f4tes atlantiques, le rapport de l\u2019Organisation internationale pour les migrations (OIM)\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":612,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[129],"tags":[221,69,219,148,54,145,222,24],"class_list":["post-610","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-organisations-internationales","tag-canaries","tag-changement-climatique","tag-corne-de-lafrique","tag-libye","tag-migration","tag-oim","tag-rapport-oim","tag-routes-migratoires"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/afrikmigrante.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/610","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/afrikmigrante.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/afrikmigrante.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afrikmigrante.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afrikmigrante.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=610"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/afrikmigrante.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/610\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afrikmigrante.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/612"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/afrikmigrante.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=610"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/afrikmigrante.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=610"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/afrikmigrante.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=610"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}