{"id":631,"date":"2026-08-22T11:47:35","date_gmt":"2026-08-22T10:47:35","guid":{"rendered":"https:\/\/afrikmigrante.com\/?p=631"},"modified":"2026-08-22T11:47:43","modified_gmt":"2026-08-22T10:47:43","slug":"ndjamena-ville-refuge-deplaces-lac","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afrikmigrante.com\/index.php\/2026\/08\/22\/ndjamena-ville-refuge-deplaces-lac\/","title":{"rendered":"N\u2019Djamena, ville refuge pour les d\u00e9plac\u00e9s du lac"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\">\u00c0 N\u2019Djamena, la question des d\u00e9placements internes ne se r\u00e9sume pas au nombre de personnes qui franchissent les limites de la capitale. Elle se mesure aussi dans les salles de classe, aux points d\u2019eau, dans les centres de sant\u00e9, les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques et les zones confront\u00e9es aux inondations. Pour les populations qui fuient les violences dans la province du Lac, la capitale peut repr\u00e9senter un espace de s\u00e9curit\u00e9 et de nouvelles opportunit\u00e9s. Mais leur arriv\u00e9e intervient dans une ville qui fait d\u00e9j\u00e0 face \u00e0 une forte croissance d\u00e9mographique et \u00e0 d\u2019importants d\u00e9ficits en infrastructures et services publics.<\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img fetchpriority=\"high\"  alt=\"\" class=\"wp-image-634\"\/ width=\"1920\" height=\"1080\" loading=\"eager\" fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/afrikmigrante.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/ndjamena-sous-leau.avif\"><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La premi\u00e8re difficult\u00e9 est de mesurer pr\u00e9cis\u00e9ment cette pr\u00e9sence. Les statistiques humanitaires disponibles permettent de conna\u00eetre avec pr\u00e9cision l\u2019ampleur du d\u00e9placement dans la province du Lac, mais elles ne permettent pas d\u2019\u00e9tablir clairement combien de ces d\u00e9plac\u00e9s se sont install\u00e9s \u00e0 N\u2019Djamena. En f\u00e9vrier 2026, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s (HCR) recensait <strong>219 595 personnes d\u00e9plac\u00e9es internes dans la province du Lac<\/strong>. Ce chiffre montre l\u2019ampleur de la crise, mais ne signifie pas que ces personnes ont rejoint la capitale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette distinction est essentielle. N\u2019Djamena n\u2019est pas le principal territoire d\u2019installation des d\u00e9plac\u00e9s du Lac. La majorit\u00e9 reste dans la province d\u2019origine ou dans les zones proches de leur lieu de d\u00e9placement. Cependant, des populations d\u00e9plac\u00e9es ont bien \u00e9t\u00e9 accueillies dans la capitale. Les Nations unies ont notamment document\u00e9 la pr\u00e9sence de personnes d\u00e9plac\u00e9es sur le site de Farcha-Milezi, \u00e0 N\u2019Djamena, dans le cadre d\u2019une mission consacr\u00e9e aux solutions durables. La capitale appara\u00eet ainsi comme un espace particulier : elle n\u2019est pas seulement une destination humanitaire, mais \u00e9galement une ville o\u00f9 certaines familles d\u00e9plac\u00e9es cherchent \u00e0 reconstruire leur existence, souvent dans des quartiers p\u00e9riph\u00e9riques et avec des ressources limit\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une capitale d\u00e9j\u00e0 sous pression<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">N\u2019Djamena conna\u00eet depuis plusieurs ann\u00e9es une croissance urbaine rapide. L\u2019augmentation de la population entra\u00eene m\u00e9caniquement une hausse de la demande en logements, en eau potable, en \u00e9tablissements scolaires, en soins de sant\u00e9, en routes et en infrastructures d\u2019assainissement. Cette croissance constitue d\u00e9j\u00e0 un d\u00e9fi pour les pouvoirs publics. L\u2019arriv\u00e9e de nouvelles populations vuln\u00e9rables vient donc s\u2019ajouter \u00e0 une demande existante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Banque mondiale a ainsi d\u00e9velopp\u00e9 un projet consacr\u00e9 \u00e0 la r\u00e9silience urbaine de N\u2019Djamena, avec notamment des investissements dans le drainage et la lutte contre les inondations. L\u2019objectif est de renforcer la capacit\u00e9 de la capitale \u00e0 faire face \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes qui affectent r\u00e9guli\u00e8rement plusieurs quartiers. Le probl\u00e8me est particuli\u00e8rement visible pendant la saison des pluies. Dans certains quartiers, les eaux peuvent rendre les routes difficilement praticables, isoler des populations et perturber l\u2019acc\u00e8s aux services essentiels. Pour une famille d\u00e9plac\u00e9e qui dispose de peu de ressources, habiter dans une zone p\u00e9riph\u00e9rique mal desservie peut rapidement transformer la recherche d\u2019un refuge en nouvelle source de vuln\u00e9rabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019\u00e9cole, premier test de la capacit\u00e9 d\u2019accueil<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9ducation constitue l\u2019un des secteurs o\u00f9 cette pression est particuli\u00e8rement visible. Chaque famille d\u00e9plac\u00e9e qui s\u2019installe durablement dans la capitale signifie potentiellement de nouveaux enfants \u00e0 scolariser. Or les \u00e9tablissements scolaires doivent d\u00e9j\u00e0 composer avec des contraintes li\u00e9es aux infrastructures, aux effectifs et aux conditions environnementales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019exemple de l\u2019\u00e9cole communale de Boutalbagar, dans le 7e arrondissement, est r\u00e9v\u00e9lateur. Pendant plusieurs ann\u00e9es, l\u2019\u00e9tablissement \u00e9tait r\u00e9guli\u00e8rement confront\u00e9 aux inondations. La directrice, <strong>Borgoto Minguemadji Lucie<\/strong>, explique que les \u00e9l\u00e8ves et les enseignants devaient parfois traverser l\u2019eau et la boue pour rejoindre les salles de classe. \u00ab Il fallait imp\u00e9rativement marcher dans l\u2019eau et la boue pour acc\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement et aux salles de classe \u00bb, t\u00e9moigne-t-elle dans un r\u00e9cit publi\u00e9 par l\u2019UNICEF. Les difficult\u00e9s \u00e9taient \u00e9galement v\u00e9cues directement par les \u00e9l\u00e8ves. <strong>Bayang Khamis<\/strong>, l\u2019un d\u2019eux, raconte : \u00ab Parfois, on tombait dans la boue et on se blessait. \u00bb En 2025, des travaux ont \u00e9t\u00e9 entrepris pour am\u00e9liorer la situation. Plus de <strong>700 camions de remblai<\/strong> ont notamment \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour r\u00e9am\u00e9nager l\u2019\u00e9cole et am\u00e9liorer son environnement. Le programme concernait douze \u00e9coles de N\u2019Djamena.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cet exemple ne signifie \u00e9videmment pas que les d\u00e9plac\u00e9s sont responsables des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par les \u00e9coles. Il r\u00e9v\u00e8le plut\u00f4t l\u2019\u00e9tat des infrastructures dans lesquelles doivent s\u2019ins\u00e9rer les nouvelles populations. La question devient donc celle de la capacit\u00e9 d\u2019absorption de la ville.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019eau et l\u2019assainissement : des besoins qui augmentent<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable constitue une autre priorit\u00e9. Pour une population d\u00e9plac\u00e9e, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau est souvent l\u2019un des premiers besoins apr\u00e8s la s\u00e9curit\u00e9 et le logement. \u00c0 N\u2019Djamena, cette demande s\u2019ajoute toutefois \u00e0 celle des populations r\u00e9sidentes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019UNICEF a consacr\u00e9 une partie importante de ses interventions au Tchad \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau, \u00e0 l\u2019assainissement et \u00e0 l\u2019hygi\u00e8ne. Dans plusieurs zones touch\u00e9es par les crises et les inondations, des syst\u00e8mes de pompage, des forages et des solutions temporaires d\u2019approvisionnement ont \u00e9t\u00e9 mis en place. Mais le probl\u00e8me d\u00e9passe la seule question de l\u2019urgence. Dans les quartiers o\u00f9 l\u2019assainissement est insuffisant, l\u2019arriv\u00e9e de nouvelles familles peut accentuer la pression sur les latrines, la collecte des d\u00e9chets et l\u2019\u00e9vacuation des eaux us\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 <strong>Farcha-Milezi<\/strong>, quartier qui a notamment accueilli des personnes d\u00e9plac\u00e9es, l\u2019insalubrit\u00e9 constitue un probl\u00e8me r\u00e9current. En juin 2025, <em>Tchadinfos<\/em> rapportait une forte d\u00e9gradation de l\u2019environnement autour de la for\u00eat de Farcha-Milezi, utilis\u00e9e notamment comme d\u00e9potoir et comme lieu d\u2019aisance improvis\u00e9. Une habitante, <strong>Memhoiel Gloria<\/strong>, y d\u00e9non\u00e7ait les mauvaises odeurs et les risques sanitaires li\u00e9s \u00e0 l\u2019insalubrit\u00e9. Le cas de Farcha-Milezi illustre parfaitement le lien entre d\u00e9placement et services publics : lorsque des populations vuln\u00e9rables s\u2019installent dans un quartier d\u00e9j\u00e0 confront\u00e9 \u00e0 des d\u00e9ficits d\u2019assainissement, les besoins augmentent alors que les \u00e9quipements restent limit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\"  alt=\"\" class=\"wp-image-633\"\/ width=\"1920\" height=\"1280\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/afrikmigrante.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/deplacer-interne-a-farcha-millezi.avif\"><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La sant\u00e9 face \u00e0 la mobilit\u00e9 des populations<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le domaine de la sant\u00e9, la difficult\u00e9 ne tient pas seulement au nombre de patients. Elle concerne \u00e9galement l\u2019accessibilit\u00e9 des structures sanitaires. Le quartier de <strong>Digo<\/strong>, \u00e0 N\u2019Djamena, en fournit un exemple particuli\u00e8rement frappant. En novembre 2025, apr\u00e8s de fortes inondations, une partie du quartier s\u2019est retrouv\u00e9e isol\u00e9e. Les routes devenues impraticables rendaient les d\u00e9placements difficiles. Des agents de vaccination ont d\u00fb utiliser une pirogue pour atteindre certains enfants et poursuivre les op\u00e9rations de vaccination contre la poliomy\u00e9lite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019UNICEF rapporte \u00e9galement que le centre de sant\u00e9 desservant cette zone faisait face \u00e0 des difficult\u00e9s d\u2019approvisionnement et \u00e0 un manque de personnel. Pour les populations d\u00e9plac\u00e9es, ces obstacles peuvent \u00eatre particuli\u00e8rement importants. Elles disposent souvent de moins de ressources financi\u00e8res, connaissent moins bien la ville et sont davantage d\u00e9pendantes des services de proximit\u00e9. Une infrastructure sanitaire \u00e9loign\u00e9e ou difficilement accessible peut donc devenir un obstacle suppl\u00e9mentaire.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les populations h\u00f4tes aussi concern\u00e9es<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019un des enjeux majeurs de l\u2019accueil des d\u00e9plac\u00e9s est de ne pas opposer les besoins des nouveaux arrivants \u00e0 ceux des habitants. Lorsqu\u2019une famille d\u00e9plac\u00e9e s\u2019installe dans un quartier, elle partage souvent les m\u00eames infrastructures que les populations locales : m\u00eame point d\u2019eau, m\u00eame \u00e9cole, m\u00eame centre de sant\u00e9, m\u00eames routes et parfois m\u00eames logements. La pression devient alors collective.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est pourquoi les interventions destin\u00e9es aux d\u00e9plac\u00e9s peuvent \u00e9galement constituer une occasion d\u2019am\u00e9liorer les services publics pour l\u2019ensemble du quartier. Construire un point d\u2019eau suppl\u00e9mentaire profite aux d\u00e9plac\u00e9s, mais aussi aux familles qui vivaient d\u00e9j\u00e0 sur place. R\u00e9habiliter une \u00e9cole permet d\u2019accueillir davantage d\u2019enfants, sans distinction entre leur origine. Am\u00e9liorer le drainage prot\u00e8ge aussi bien les m\u00e9nages d\u00e9plac\u00e9s que les populations h\u00f4tes contre les inondations.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>De l\u2019urgence humanitaire \u00e0 la politique urbaine<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le principal d\u00e9fi pour N\u2019Djamena est donc de passer progressivement d\u2019une logique d\u2019urgence \u00e0 une logique de planification. Lorsqu\u2019une famille arrive apr\u00e8s avoir fui une zone de conflit, l\u2019aide humanitaire permet de r\u00e9pondre aux besoins imm\u00e9diats : nourriture, eau, abri, soins et protection. Mais si cette famille reste plusieurs ann\u00e9es dans la capitale, ses besoins changent. Elle a besoin d\u2019un logement stable, d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique, d\u2019un acc\u00e8s r\u00e9gulier \u00e0 l\u2019\u00e9cole et aux soins. Ses enfants grandissent. Les besoins en services publics deviennent permanents.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est \u00e0 ce moment que la question du d\u00e9placement rejoint celle du d\u00e9veloppement urbain. N\u2019Djamena doit donc pouvoir anticiper les mouvements de population et int\u00e9grer les personnes d\u00e9plac\u00e9es dans sa planification urbaine. Cela suppose de disposer de donn\u00e9es plus pr\u00e9cises sur leur nombre, leurs lieux d\u2019installation, leurs conditions de vie et leurs besoins.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le manque de donn\u00e9es, un obstacle \u00e0 la planification<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les organisations humanitaires disposent de donn\u00e9es d\u00e9taill\u00e9es sur les d\u00e9placements dans la province du Lac. Le HCR recensait encore <strong>219 595 d\u00e9plac\u00e9s internes dans cette province en f\u00e9vrier 2026<\/strong>. Mais il est beaucoup plus difficile de r\u00e9pondre \u00e0 une question pourtant essentielle : <strong>combien de personnes d\u00e9plac\u00e9es originaires du Lac vivent actuellement \u00e0 N\u2019Djamena ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les donn\u00e9es publiques disponibles ne permettent pas de fournir un chiffre r\u00e9cent et incontestable. Cette absence de donn\u00e9es constitue en elle-m\u00eame un probl\u00e8me. Pour planifier une \u00e9cole, un centre de sant\u00e9 ou un r\u00e9seau d\u2019eau, les autorit\u00e9s doivent savoir combien de personnes vivent dans un quartier aujourd\u2019hui, mais \u00e9galement anticiper son \u00e9volution. La mobilit\u00e9 des populations rend cet exercice encore plus complexe.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une ville refuge, mais une ville \u00e0 renforcer<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">N\u2019Djamena continuera probablement \u00e0 jouer un r\u00f4le important pour les populations \u00e0 la recherche de s\u00e9curit\u00e9 et de services. Mais son r\u00f4le de ville refuge ne peut pas reposer uniquement sur la capacit\u00e9 des familles et des communaut\u00e9s \u00e0 accueillir les nouveaux arrivants. Il doit \u00eatre accompagn\u00e9 par des investissements publics durables.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il faut davantage d\u2019eau potable, des \u00e9coles mieux \u00e9quip\u00e9es, des centres de sant\u00e9 accessibles, des logements adapt\u00e9s, une meilleure gestion des d\u00e9chets et des infrastructures capables de r\u00e9sister aux inondations. Le d\u00e9fi concerne autant les d\u00e9plac\u00e9s que les habitants de longue date. Car dans une ville o\u00f9 les ressources sont limit\u00e9es, <strong>la pr\u00e9carit\u00e9 des nouveaux arrivants peut rapidement devenir une vuln\u00e9rabilit\u00e9 collective<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9placement commence souvent par une fuite. Mais lorsqu\u2019une famille s\u2019installe dans une ville pour plusieurs mois ou plusieurs ann\u00e9es, son d\u00e9placement devient une question de logement, d\u2019\u00e9ducation, de sant\u00e9, d\u2019emploi et d\u2019infrastructures. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que se situe le d\u00e9fi de N\u2019Djamena.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La capitale ne doit pas seulement \u00eatre capable d\u2019accueillir ceux qui cherchent refuge. Elle doit \u00eatre capable de <strong>pr\u00e9voir les cons\u00e9quences de leur installation sur les services publics et de renforcer les infrastructures en cons\u00e9quence<\/strong>. Les 219 595 d\u00e9plac\u00e9s internes encore recens\u00e9s dans la province du Lac en f\u00e9vrier 2026 rappellent que la crise \u00e0 l\u2019origine de ces mobilit\u00e9s est loin d\u2019\u00eatre termin\u00e9e. Tous ne viendront pas \u00e0 N\u2019Djamena, mais certains y chercheront leur avenir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour ceux-l\u00e0, comme pour les habitants qui y vivent d\u00e9j\u00e0, la question sera la m\u00eame : <strong>la ville dispose-t-elle des moyens n\u00e9cessaires pour offrir de l\u2019eau, une \u00e9cole, des soins, un logement et un environnement digne \u00e0 une population toujours plus nombreuse ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9ponse d\u00e9terminera en grande partie si N\u2019Djamena peut continuer \u00e0 \u00eatre une ville refuge sans devenir une ville d\u00e9pass\u00e9e par sa propre croissance.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 N\u2019Djamena, la question des d\u00e9placements internes ne se r\u00e9sume pas au nombre de personnes qui franchissent les limites de la capitale. 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