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Exode rural

Agriculture en péril : quand les bras manquent au village

Moura Djimie 22 août 2026 3 min de lecture
Une femme travaille seule dans un champ agricole au Tchad avec des habitations rurales traditionnelles en arrière-plan.
Dans les villages tchadiens, les femmes et les personnes âgées assument désormais l'essentiel des travaux champêtres suite à l'exode des jeunes.

Dans de nombreux villages tchadiens, le départ massif des jeunes vers les villes, notamment N’Djamena, ou vers l’étranger laisse progressivement les champs à l’abandon. Dans l’agriculture familiale, les jeunes jouent pourtant un rôle essentiel dans le défrichage, le labour, les semis, l’entretien des cultures et les récoltes.

Leur absence alourdit considérablement la tâche des parents, des femmes et des personnes âgées. Faute de main-d’œuvre, de nombreux ménages sont contraints de réduire les superficies cultivées, tandis qu’une partie des terres reste en jachère. Cette diminution des surfaces exploitées entraîne une baisse de la production et, par conséquent, des revenus agricoles. Le problème est encore plus préoccupant dans les zones dépourvues d’équipements agricoles, où les travaux reposent essentiellement sur la force physique.

Cet exode touche particulièrement trois grandes zones du pays. Au Centre et à l’Est, notamment dans le Batha, le Guéra, le Ouaddaï et le Wadi Fira, la sécheresse et le manque d’opportunités poussent de nombreux jeunes vers les sites d’orpaillage ou vers la Libye. Autour de N’Djamena, dans le Chari-Baguirmi et le Hadjer-Lamis, la proximité de la capitale attire les jeunes vers le moto-taxi, le petit commerce et d’autres activités urbaines. Au Sud, dans le Logone, la Tandjilé et le Moyen-Chari, malgré la fertilité des terres, l’insuffisance des routes et des débouchés commerciaux pousse certains jeunes à partir, notamment vers le Cameroun pour y vendre leurs produits.

Avec des récoltes moins importantes, les familles doivent acheter davantage de nourriture sur les marchés, alors que leurs revenus restent faibles. Cette situation fragilise davantage les ménages ruraux et accentue leur dépendance à l’égard des marchés.

Pour inverser cette tendance, il est nécessaire de rendre l’agriculture plus attractive pour les jeunes. Cela passe notamment par l’accès aux équipements agricoles, au financement, à la formation, aux infrastructures routières et à des débouchés commerciaux rémunérateurs.

En somme, l’exode rural dépeuple les campagnes et fragilise l’agriculture familiale au Tchad. Si aucune mesure n’est prise pour retenir les jeunes dans les zones rurales, la production vivrière et les revenus des ménages continueront de reculer. Il est donc urgent de moderniser le monde rural afin que les jeunes puissent y trouver des emplois, des revenus et surtout un avenir.

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