Aller au contenu
Publicité Client

Informer - Inspirer - Transformer

Migration & Réalité

La migration clandestine aide-t-elle vraiment les jeunes Tchadiens ?

Moura Djimie 21 août 2026 5 min de lecture
Des migrants tchadiens de retour chez eux montent à bord d'un avion à l'aéroport international de Misrata.
Des migrants tchadiens embarquent à l'aéroport international de Misrata dans le cadre d'un programme de retour volontaire vers N'Djamena.

Face au chômage, aux difficultés économiques et au manque de perspectives, de nombreux jeunes Tchadiens voient la migration comme une possibilité de changer de vie. Mais les routes clandestines vers la Libye et l’Europe les exposent à de nombreux dangers.

Pour beaucoup de jeunes Tchadiens, partir à l’étranger représente un espoir : trouver un emploi, améliorer leurs conditions de vie et soutenir leur famille. Face au manque d’opportunités professionnelles et aux difficultés économiques, certains choisissent toutefois des routes migratoires irrégulières, notamment en direction de la Libye et, pour certains, de l’Europe.

Mais derrière cet espoir se cachent des réalités difficiles.

Des routes dangereuses

Le trajet à travers le Tchad et la Libye peut être particulièrement éprouvant. Les migrants parcourent parfois de longues distances dans des zones désertiques, dans des conditions difficiles et avec des moyens limités. Ils peuvent également être confrontés aux réseaux de passeurs, aux violences, aux arrestations et à l’exploitation.

La situation des migrants de retour montre aussi les difficultés rencontrées sur ces routes. En juin 2026, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a documenté le retour de 162 ressortissants tchadiens de Libye vers N’Djamena, dans le cadre d’opérations de retour volontaire.

Ces retours montrent que le parcours migratoire ne débouche pas toujours sur la vie meilleure espérée au départ.

Un espoir économique, mais une solution incertaine

Pour certains jeunes qui parviennent à atteindre leur destination, trouver un emploi peut permettre d’envoyer de l’argent à leur famille. Ces revenus peuvent contribuer aux dépenses quotidiennes et, dans certains cas, améliorer les conditions de vie des proches restés au Tchad.

Mais ces bénéfices ne doivent pas faire oublier les risques. Sans documents réguliers, les migrants sont souvent plus vulnérables à l’exploitation et disposent de moins de moyens pour faire valoir leurs droits.

La migration clandestine peut donc apparaître comme une solution à court terme, mais elle ne constitue pas une réponse durable aux difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes Tchadiens.

Le Tchad, un pays situé sur une importante route migratoire

La position géographique du Tchad joue également un rôle dans les mouvements migratoires de la région. Le pays partage une longue frontière avec la Libye et se trouve au cœur de plusieurs routes reliant l’Afrique centrale, l’Afrique du Nord et, au-delà, l’Europe.

Cette situation géographique facilite certains déplacements, mais elle expose aussi les migrants à différents dangers, notamment dans les zones désertiques et aux frontières.

Selon des données de l’OIM citées dans le texte initial, 11 842 migrants auraient été interceptés au large de la Libye depuis janvier 2026, dont 9 % de Tchadiens. Ce chiffre doit toutefois être vérifié dans la source officielle de l’OIM avant sa publication définitive, afin d’éviter toute erreur statistique.

Des migrants de retour volontaire à Ndjamena crédit : Chad.un

Pourquoi les jeunes veulent-ils partir ?

Au-delà des dangers de la migration clandestine, une question essentielle demeure : pourquoi autant de jeunes pensent-ils que leur avenir se trouve ailleurs ?

La réponse se trouve notamment dans le manque d’emplois, les difficultés économiques, l’insuffisance des perspectives professionnelles et les inégalités entre les régions.

Pour réduire les départs sur des routes dangereuses, il ne suffit donc pas de sensibiliser les jeunes aux risques de la migration irrégulière. Il faut également agir sur les causes profondes qui les poussent à partir.

La création d’emplois, le développement des régions, l’accès à la formation professionnelle et la promotion de voies de migration régulières pourraient offrir davantage d’alternatives aux jeunes.

Donner aux jeunes une raison de rester

La question de la migration clandestine ne devrait pas seulement être abordée sous l’angle du contrôle des frontières. Elle doit également être considérée comme une question de développement et d’avenir pour la jeunesse.

Forum National sur l’emploi, Crédit : AFRICA24

Un jeune qui quitte son pays ne cherche pas nécessairement à fuir son identité ou sa communauté. Il cherche souvent une possibilité de construire son avenir.

Ainsi, plutôt que de condamner ceux qui prennent la route, il est nécessaire de comprendre les raisons de leur départ et de créer au Tchad des conditions qui leur permettent de construire leur avenir chez eux.

Pour chuter, a migration clandestine peut donner de l’espoir à certains jeunes Tchadiens, notamment lorsqu’ils espèrent trouver un emploi et soutenir leurs familles. Mais cet espoir s’accompagne de risques considérables sur les routes migratoires.

La véritable réponse ne consiste donc pas seulement à empêcher les départs. Elle passe aussi par la création d’emplois, le développement local, la formation des jeunes et l’ouverture de possibilités de mobilité légale et sécurisée.

Pour de nombreux jeunes Tchadiens, la question n’est pas seulement de savoir comment partir, mais surtout de savoir s’ils peuvent avoir un avenir meilleur sans être obligés de risquer leur vie sur les routes de la migration.

Source : Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *