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Migration & Réalité

Libye-Tchad : 50 migrants expulsés arrivent à Ounianga-Kébir dans une situation de grande vulnérabilité.

Redaction 1 octobre 2026 4 min de lecture
Rapport de suivi des urgences ETT 227 de l'OIM Tchad sur les mouvements de populations migrants.
Graphique du rapport ETT 227 de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) sur l'arrivée de migrants expulsés de Libye à Ounianga-Kébir, septembre 2026.

Cinquante hommes, dont 43 Soudanais et 7 Tchadiens, ont été expulsés de Libye avant d’arriver à Ounianga-Kébir, dans l’Ennedi-Ouest. Sept d’entre eux nécessitaient une prise en charge médicale urgente, selon un nouveau rapport de l’OIM.

Un groupe de 50 migrants expulsés de Libye a été identifié le 7 septembre 2026 à Ounianga-Kébir, dans la province de l’Ennedi-Ouest, près de la frontière libyenne. Le rapport de suivi des urgences de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), publié le 23 septembre, décrit une situation de forte vulnérabilité à l’arrivée.

Parmi ces 50 personnes, 43 étaient de nationalité soudanaise, soit 86 % du groupe, contre 7 Tchadiens, soit 14 %. Tous étaient des hommes adultes. Aucun mineur ni aucune femme n’a été recensé dans ce groupe.

Sept migrants dans un état de santé préoccupant

La situation sanitaire constitue l’un des principaux points d’alerte du rapport. Sept ressortissants soudanais présentaient des problèmes de santé nécessitant une prise en charge médicale urgente.

À leur arrivée, les migrants se trouvaient également sans nourriture et sans moyens leur permettant de poursuivre leur déplacement. L’OIM identifie ainsi trois besoins prioritaires : l’aide alimentaire, les soins de santé et le transport.

Du Soudan à la Libye, un parcours à travers plusieurs pays

Les témoignages recueillis par l’OIM montrent que le groupe n’a pas suivi un itinéraire unique.

Les migrants ont déclaré avoir emprunté différents corridors reliant le Soudan, le Tchad, l’Égypte et la Libye. Parmi les localités citées figurent Koufra, Djalo, Tiné, Assouan et Ajdabiya.

Ce parcours donne à voir une mobilité qui dépasse largement le seul axe Libye-Tchad. Les personnes rencontrées ont circulé entre plusieurs pays et différents points de transit avant leur expulsion vers le Tchad.

Jusqu’à un an de détention en Libye

Selon les informations recueillies par l’OIM, certains membres du groupe ont été interpellés en Libye en raison de leur situation migratoire irrégulière, notamment à Sebha, Benghazi, Ajdabiya et Koufra.

Ils ont rapporté avoir été détenus dans les prisons de Koufra et Benghazi pendant des périodes comprises entre trois et douze mois.

L’expulsion aurait ensuite eu lieu depuis Koufra le 5 septembre 2026, à bord de trois camions. Deux jours plus tard, les 50 migrants étaient identifiés à Ounianga-Kébir.

Après l’expulsion, une nouvelle étape du parcours

Pour ces migrants, l’arrivée au Tchad ne signifie pas nécessairement la fin du déplacement.

Les ressortissants tchadiens du groupe sont principalement originaires des provinces du Ouaddaï et du Salamat. Les ressortissants soudanais ont, eux, exprimé le souhait d’être réacheminés vers Abéché et Adré, où ils espèrent pouvoir accéder aux dispositifs d’assistance destinés aux réfugiés.

Le transport figure donc parmi les besoins immédiats identifiés par l’OIM.

Une alerte locale, pas un bilan de toutes les expulsions

Le rapport ETT 227 de l’OIM porte sur ce mouvement précis enregistré à Ounianga-Kébir. Il ne constitue pas un recensement de l’ensemble des migrants expulsés de Libye vers le Tchad.

L’outil Emergency Tracking Tool de l’OIM vise à documenter rapidement les mouvements importants ou soudains de populations. Les informations sont notamment recueillies auprès d’informateurs clés par téléphone et peuvent être complétées par des observations directes.

Cette limite est importante pour interpréter les chiffres : les 50 personnes recensées correspondent au groupe identifié lors de cette alerte, et non au nombre total de migrants expulsés de Libye pendant la période.

Les chiffres racontent une route migratoire sous pression

Derrière les statistiques, le rapport décrit un parcours marqué par les déplacements successifs, la détention et, pour certains, des problèmes de santé nécessitant une intervention urgente.

À Ounianga-Kébir, l’enjeu immédiat n’était donc plus seulement celui du passage d’une frontière. Il s’agissait aussi de répondre aux besoins essentiels d’un groupe arrivé sans ressources : se nourrir, accéder aux soins et pouvoir rejoindre une destination où une assistance est disponible.

Source : Organisation internationale pour les migrations (OIM), Tchad, Suivi des urgences – ETT 227, septembre 2026.

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