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Migration & Réalité

Immigration irrégulière : Cheikh Abdou Fall appelle à faciliter l’accès aux visas

Djime Abdoulaye Ali 22 septembre 2026 4 min de lecture

Lutte contre l’immigration irrégulière passe-t-elle aussi par une meilleure ouverture des voies légales de migration ? Pour Cheikh Abdou Fall, coordinateur du Collectif des migrants de retour pour la réinsertion et le développement (CM2RD), la réponse est oui.

Dans un entretien accordé à Dialogue Migration, publié le 4 octobre 2025, le responsable associatif estime que la facilitation des demandes de visa pourrait contribuer à réduire le recours aux routes irrégulières vers l’Europe et les États-Unis.

Faciliter les voies légales de migration

Pour Cheikh Abdou Fall, les difficultés liées à l’obtention des visas constituent une question qui ne peut plus être éludée dans les discussions sur l’immigration irrégulière.

Il plaide ainsi pour la mise en place de mesures permettant davantage aux Africains de voyager légalement. Selon lui, même si les États africains disposent de marges de manœuvre limitées face aux politiques de visa des pays occidentaux, la question de l’accès aux voies régulières doit rester au centre du débat.

Cette position s’inscrit dans une réflexion plus large sur les moyens de réduire les départs clandestins, alors que les campagnes de sensibilisation et les politiques de lutte contre l’immigration irrégulière se poursuivent dans plusieurs pays africains.

Le CM2RD mise sur la sensibilisation

Créé en juillet 2023, le Collectif des migrants de retour pour la réinsertion et le développement (CM2RD) travaille notamment sur l’accompagnement des migrants de retour, leur réinsertion sociale, la formation professionnelle et l’assistance psychologique.

L’organisation mène également des campagnes de sensibilisation auprès des jeunes. Selon Cheikh Abdou Fall, ces actions prennent notamment la forme de caravanes organisées à travers le pays ainsi que d’interventions dans les médias. L’objectif est d’informer les populations sur les risques liés aux parcours migratoires irréguliers et de dissuader les candidats au départ d’emprunter les routes maritimes ou terrestres.

Mais le responsable associatif reconnaît que l’impact réel de ces campagnes reste difficile à mesurer. Pour lui, la sensibilisation demeure néanmoins nécessaire, notamment lorsqu’elle est accompagnée d’autres mesures.

« Il faut lutter contre le chômage »

Au-delà de la sensibilisation, Cheikh Abdou Fall met l’accent sur les conditions économiques et sociales qui peuvent pousser certaines personnes à envisager le départ.

Il cite notamment le chômage, la pauvreté et le manque de perspectives parmi les facteurs qui alimentent le phénomène. Il évoque également les frustrations liées à la gouvernance et à la corruption dans certains pays africains.

Dans cette perspective, la prévention de l’immigration irrégulière ne devrait pas se limiter à demander aux jeunes de rester dans leur pays. Elle devrait également, selon lui, passer par la création de conditions permettant aux jeunes de construire leur avenir localement.

« Pour dissuader les candidats à l’émigration irrégulière, il faut d’abord mettre quelque chose sur place, créer les conditions de leur réussite à la maison », explique-t-il dans l’entretien publié par Dialogue Migration.

Une réponse qui doit dépasser la sensibilisation

Pour le coordinateur du CM2RD, les campagnes d’information constituent seulement une partie de la réponse. La création d’emplois, la formation professionnelle et l’accompagnement des migrants de retour devraient également occuper une place importante dans les stratégies de prévention.

Cette approche rejoint directement les activités revendiquées par son organisation, qui affirme accompagner les migrants de retour et les personnes susceptibles d’envisager un départ dans leurs parcours de réinsertion et de formation.

Des collaborations avec plusieurs organisations

Le CM2RD cherche par ailleurs à développer des partenariats avec d’autres structures engagées dans les questions migratoires. Cheikh Abdou Fall cite notamment Jamra, BOZA-FI, l’IFRC et l’ONFP parmi les organisations avec lesquelles le collectif tente de collaborer.

Pour lui, la mutualisation des efforts est essentielle pour renforcer les actions de sensibilisation, de formation et de réinsertion des migrants de retour.

Ouvrir le débat sur les migrations légales

À travers son plaidoyer, Cheikh Abdou Fall invite ainsi à élargir le débat sur l’immigration irrégulière. Pour lui, la prévention ne peut pas uniquement reposer sur la dissuasion : elle doit également s’accompagner d’opportunités économiques locales et de possibilités de mobilité légale.

La question de la facilitation des visas apparaît ainsi, dans son analyse, comme l’un des éléments à prendre en compte dans la recherche de réponses au phénomène des départs irréguliers.

Source : Dialogue Migration, « Cheikh Abdou Fall : “pour lutter plus efficacement contre l’immigration irrégulière il faudrait faciliter les demandes de visa” », entretien réalisé par Mamadou Diop, publié le 4 octobre 2025.

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