Les accords migratoires entre l’Afrique et l’Europe : qui profite ?
De Tunis à Nouakchott, de Rabat au Caire, l’Europe sous-traite de plus en plus loin de ses frontières une partie de sa politique migratoire. En échange de financements, d’investissements ou de promesses de mobilité légale, les pays africains sont appelés à contrôler les départs, combattre les passeurs, accepter davantage de retours et renforcer leurs frontières. Mais derrière cette diplomatie des migrations, une question demeure : qui obtient réellement ce qu’il veut ?
À première vue, chacun y trouve son compte
La scène se répète depuis plusieurs années.
À Tunis, Bruxelles négocie avec les autorités tunisiennes pour réduire les départs vers l’Europe. À Nouakchott, l’Union européenne associe gestion des frontières, lutte contre les réseaux de passeurs, protection des migrants et soutien économique. Avec Le Caire, elle inscrit la migration dans un partenariat stratégique beaucoup plus vaste. Avec Rabat, elle finance des programmes de contrôle et de lutte contre le trafic de migrants tout en développant des voies de mobilité professionnelle.
Sur le papier, le vocabulaire est celui du « partenariat ».
Dans les faits, ces accords associent généralement plusieurs instruments : contrôle des frontières, coopération policière, lutte contre les passeurs, retours et réadmissions, soutien aux réfugiés, développement économique et, de plus en plus, migration légale et mobilité professionnelle. C’est précisément cette combinaison qui rend les nouveaux arrangements migratoires difficiles à réduire à un simple échange « argent contre contrôle ».
Depuis le 12 juin 2026, le Pacte européen sur la migration et l’asile est en application. L’Union européenne dispose désormais d’un cadre commun renforçant notamment les procédures d’asile, la gestion des frontières extérieures et les mécanismes de retour. La coopération avec les pays d’origine et de transit constitue l’un des piliers de cette nouvelle architecture.
L’enjeu africain devient donc central : l’Europe cherche à déplacer une partie de la gestion migratoire en amont de son territoire.
Le tournant tunisien : le laboratoire d’une nouvelle politique européenne
Le 16 juillet 2023, l’Union européenne et la Tunisie ont signé un mémorandum d’entente sur un partenariat stratégique et global. Le texte comporte cinq piliers : stabilité macroéconomique, économie et commerce, transition énergétique verte, contacts entre les populations, et migration et mobilité.
La migration y occupe une place particulière.
Bruxelles cherche notamment à renforcer la coopération tunisienne contre les départs irréguliers et les réseaux de passeurs, tout en développant la coopération sur les retours et la mobilité légale.
Pour Tunis, la relation ne se limite pas à la migration. Le partenariat est également lié au soutien économique et financier, dans un contexte de fortes difficultés économiques.
Mais l’expérience tunisienne montre aussi la fragilité de ce type de coopération.
Des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International et d’autres ONG, ont dénoncé les conséquences de la coopération européenne avec la Tunisie, notamment concernant le débarquement de personnes interceptées ou secourues en mer. Amnesty affirme que la Tunisie ne peut pas être considérée comme un lieu sûr pour ces débarquements et fait état de violations des droits des migrants, demandeurs d’asile et réfugiés, particulièrement des personnes noires. Ces accusations constituent la principale controverse autour du dispositif.
L’affaire tunisienne révèle ainsi une première contradiction : plus l’Europe veut externaliser le contrôle migratoire, plus elle dépend des pratiques politiques et sécuritaires des pays auxquels elle délègue une partie de ce contrôle.
Maroc : quand le contrôle des frontières devient un secteur de coopération
Le Maroc est depuis longtemps l’un des partenaires majeurs de l’Europe en matière migratoire.
En juillet 2022, Bruxelles, Madrid et Rabat ont annoncé le renouvellement de leur partenariat afin de lutter contre les réseaux de trafic de migrants et de renforcer la coopération opérationnelle. La Commission européenne indiquait alors que le Maroc avait empêché plus de 26 000 départs irréguliers au cours du premier semestre 2022 et démantelé environ une centaine de réseaux de trafic.
En mars 2023, l’Union européenne a annoncé de nouveaux programmes de coopération avec le Maroc représentant près de 500 millions d’euros dans plusieurs domaines. Dans le secteur migratoire, un programme de soutien budgétaire pouvant atteindre 152 millions d’euros sur quatre ans avait été négocié.
Mais la relation ne se limite pas au contrôle.
Le Maroc fait également partie des pays auxquels l’Union européenne propose des Talent Partnerships, destinés à créer des possibilités de mobilité professionnelle légale. Les secteurs identifiés avec le Maroc comprennent notamment la mécatronique, le transport routier, la construction, l’agriculture et le tourisme.
C’est probablement l’une des évolutions les plus importantes du modèle européen : l’accès à une mobilité légale devient une composante de la négociation migratoire.
Le message européen est relativement clair : davantage de coopération contre les départs irréguliers et les passeurs, mais aussi davantage de possibilités encadrées pour certains travailleurs.
Reste à mesurer l’échelle réelle de ces possibilités par rapport à la demande de mobilité.
Mauritanie : l’accord qui résume presque toute la nouvelle doctrine
Le cas mauritanien est particulièrement révélateur.
Le 7 mars 2024, l’Union européenne et la Mauritanie ont signé une déclaration commune lançant un partenariat et un dialogue sur les migrations. Le dispositif couvre un éventail très large : migration irrégulière, asile, protection, migration légale, mobilité, création d’emplois, lutte contre les passeurs et gestion des frontières terrestres et maritimes.
Quelques semaines auparavant, Bruxelles avait annoncé la mobilisation de 210 millions d’euros en faveur de la Mauritanie dans le cadre d’un ensemble plus large de coopération. En décembre 2024, 100 millions d’euros de soutien budgétaire ont notamment été annoncés dans le cadre de cette enveloppe.
Pour l’Europe, la Mauritanie est stratégique : elle se trouve sur l’une des principales routes atlantiques vers les îles Canaries.
Pour Nouakchott, le partenariat apporte des ressources financières, une coopération institutionnelle et une reconnaissance de son rôle régional.
Mais le pays assume aussi une fonction de pays de transit et de contrôle, avec les coûts politiques, administratifs et humains que cela implique.
Le modèle apparaît alors clairement : l’Europe ne demande plus uniquement à un pays africain d’empêcher ses propres citoyens de partir. Elle lui demande aussi de contribuer à empêcher des ressortissants d’autres pays africains de poursuivre leur route vers l’Europe.
Égypte : le grand marchandage stratégique
Avec l’Égypte, la logique change d’échelle.
En mars 2024, l’Union européenne et Le Caire ont conclu un partenariat stratégique et global reposant sur six piliers : relations politiques, stabilité économique, commerce et investissements, migration et mobilité, sécurité, démographie et capital humain.
L’ensemble est accompagné d’un paquet financier et d’investissement de 7,4 milliards d’euros pour 2024-2027. Sur cette enveloppe, 600 millions d’euros sont destinés à certaines priorités spécifiques, dont 200 millions pour la migration.
La comparaison avec les autres partenariats est instructive.
Dans le cas égyptien, la migration est une pièce d’un échange géopolitique beaucoup plus vaste. Bruxelles cherche à consolider une relation avec un pays clé de la Méditerranée et du Moyen-Orient ; Le Caire obtient parallèlement un soutien financier et politique considérable.
La migration devient ainsi une monnaie diplomatique parmi d’autres.
Et les pays africains, que gagnent-ils ?
Réduire ces accords à une relation où l’Europe impose ses conditions serait toutefois incomplet.
Les gouvernements africains négocient eux aussi.
Ils cherchent des financements, des investissements, des emplois, des programmes de formation, de la coopération sécuritaire, des possibilités de mobilité pour leurs ressortissants et parfois un soutien politique.
Le Sénégal, par exemple, coopère depuis 2016 avec l’Union européenne sur la gestion des migrations. Les domaines comprennent la lutte contre les trafics, la protection et la réintégration des migrants, la gestion des données migratoires, la diaspora et la création d’opportunités économiques.
Cette dimension est essentielle : les États africains ne sont pas de simples exécutants de la politique européenne.
Ils disposent de ressources dont l’Europe a besoin : leur position géographique, leur capacité à contrôler certaines routes, leur coopération policière, leurs dispositifs administratifs et leur capacité à accepter ou à refuser certaines formes de coopération.
Le rapport de force n’est donc pas univoque.
Mais il n’est pas non plus parfaitement équilibré.
Le véritable déséquilibre : la mobilité n’a pas la même valeur pour les deux parties
C’est ici que la question « qui profite ? » devient plus intéressante.
Pour l’Europe, réduire les arrivées irrégulières constitue un objectif politique immédiatement identifiable. Pour les pays africains, en revanche, la mobilité vers l’Europe représente à la fois une demande sociale, une source de revenus pour les familles et les communautés, un moyen de formation et parfois une stratégie de survie économique.
Les transferts de fonds des migrants constituent notamment une source importante de revenus pour de nombreux pays africains.
Or les accords consacrés au contrôle des frontières sont souvent beaucoup plus précis et opérationnels que les promesses de mobilité légale.
L’Union européenne affirme pourtant vouloir développer ces voies. Elle estime que la migration légale permet de répondre aux pénuries de main-d’œuvre européennes tout en offrant des possibilités aux pays partenaires. Les Talent Partnerships avec la Tunisie, le Maroc et l’Égypte constituent l’un des instruments créés à cette fin.
Le problème n’est donc plus seulement de savoir si des voies légales existent.
Il faut regarder combien de personnes peuvent réellement les emprunter, dans quels secteurs, avec quels droits et selon quelles procédures.
Le retour : l’autre face de la coopération
Un élément apparaît dans presque tous les nouveaux partenariats : la question des retours.
L’Union européenne veut améliorer la coopération en matière de retour, de réadmission et de réintégration. Le nouveau Pacte européen sur la migration et l’asile renforce cette dimension.
Pour les gouvernements africains, accepter les retours peut être politiquement sensible.
Un ressortissant expulsé d’Europe n’est pas seulement un dossier administratif. Il revient dans son pays avec une histoire, une famille, parfois une dette contractée pour financer son voyage et souvent un projet migratoire interrompu.
D’où l’importance, soulignée par l’OIT, de mécanismes de réintégration et de garanties sociales lorsque les politiques migratoires prévoient des retours.
Le précédent Rwanda : jusqu’où peut aller l’externalisation ?
Le cas du Rwanda montre que la tendance n’est pas exclusivement européenne.
En 2024, le Royaume-Uni a conclu avec Kigali un accord prévoyant un partenariat en matière d’asile. Le gouvernement britannique l’a présenté comme un instrument destiné à renforcer la coopération dans la protection des réfugiés et des migrants.
Cet épisode a placé au centre du débat l’idée de traiter des demandes d’asile dans un pays tiers plutôt que sur le territoire européen.
Il montre aussi que les pays africains peuvent tenter de tirer parti de la recherche européenne de solutions externalisées.
Mais il rappelle une limite fondamentale : un accord migratoire ne peut être évalué uniquement à partir de son efficacité administrative ; il doit aussi être examiné au regard des droits des personnes concernées.
Libye : quand la coopération sécuritaire devient le cœur du dispositif
La Libye constitue le cas le plus sensible.
L’Union européenne y mène depuis 2013 une mission d’assistance à la gestion intégrée des frontières, EUBAM Libya. En juin 2025, le Conseil de l’UE a prolongé cette mission jusqu’au 30 juin 2027, avec un budget de près de 52 millions d’euros pour deux ans. Sa mission comprend notamment le renforcement des capacités des autorités libyennes en matière de gestion des frontières et la lutte contre le trafic de migrants et la traite des êtres humains.
La coopération avec la Libye est cependant régulièrement confrontée aux accusations de violations des droits des migrants.
Elle illustre une difficulté structurelle de l’externalisation : l’Europe peut financer, former ou conseiller des forces chargées de contrôler une frontière, mais elle ne contrôle pas nécessairement toutes les pratiques de ces forces.
Une nouvelle géographie de la frontière européenne
Pendant longtemps, la frontière européenne était essentiellement pensée comme une ligne géographique.
Aujourd’hui, elle ressemble davantage à un réseau.
Elle commence dans les ports européens, se prolonge en Méditerranée, passe par les côtes d’Afrique du Nord et de l’Ouest, puis remonte vers les pays d’origine.
Les données de l’OIM montrent que les routes migratoires entre l’Afrique de l’Ouest et l’Europe sont multiples et évolutives. La route atlantique vers les Canaries, notamment, a connu une forte progression des mouvements à partir de 2023 et durant la première moitié de 2024, avec une augmentation parallèle des risques de naufrages et de disparitions.
Autrement dit, fermer ou contrôler une route ne signifie pas nécessairement supprimer la mobilité.
Cela peut déplacer les itinéraires.
C’est l’une des principales difficultés auxquelles sont confrontées les politiques européennes de contrôle.
L’Afrique négocie aussi son propre rapport de force
Il serait pourtant erroné de conclure que les États africains ne disposent d’aucun levier.
Un rapport de l’Organisation internationale du travail publié en août 2026 sur les accords bilatéraux de migration de travail souligne précisément le problème du rapport de force inégal dans les négociations entre pays d’origine et pays de destination. L’organisation relève que des négociations fragmentées, la concurrence entre pays d’origine et les faiblesses de mise en œuvre peuvent réduire la capacité des États africains à défendre les intérêts de leurs ressortissants.
En Afrique de l’Ouest, douze États membres de la CEDEAO ont d’ailleurs décidé en août 2026 de travailler à des standards régionaux communs pour leurs futurs accords de migration de travail. L’objectif affiché est notamment d’éviter que les pays négocient isolément et de renforcer leur position collective.
C’est peut-être l’un des enjeux les plus importants de la prochaine décennie.
La question n’est plus seulement : « que demande l’Europe ? »
Elle devient : « que veulent négocier collectivement les pays africains ? »
Alors, qui profite ?
La réponse dépend du niveau auquel on regarde.
Les gouvernements européens
Ils obtiennent des instruments supplémentaires pour contrôler les départs, combattre les réseaux de passeurs, renforcer les retours et déplacer une partie de la gestion migratoire hors du territoire de l’Union. Depuis l’entrée en application du Pacte en juin 2026, cette coopération extérieure s’inscrit dans une architecture européenne plus structurée.
Les gouvernements africains
Ils peuvent obtenir des financements, des investissements, du soutien institutionnel, de la coopération sécuritaire et des programmes de mobilité légale. Les montants et les contreparties varient fortement selon les pays : le partenariat égyptien, par exemple, représente 7,4 milliards d’euros sur quatre ans, tandis que le partenariat mauritanien s’inscrit dans une enveloppe annoncée de 210 millions d’euros.
Les entreprises européennes
Elles peuvent également bénéficier de programmes d’investissement et de projets liés à l’énergie, aux infrastructures, à la formation ou à la mobilité des compétences. Le cas mauritanien illustre cette articulation entre migration, développement et stratégie d’investissement européenne.
Les migrants
C’est ici que le bilan est le plus difficile à mesurer.
Ils peuvent bénéficier de programmes de retour volontaire, de réintégration, de protection ou de mobilité légale. Mais ils peuvent aussi être davantage confrontés au contrôle des frontières, aux restrictions de déplacement et à des procédures de retour.
Le résultat dépend donc moins du discours général de « partenariat » que de la mise en œuvre concrète : combien de visas de travail ? combien de retours ? quelles garanties ? quels financements réellement décaissés ? quelle protection pour les demandeurs d’asile ?
Le vrai indicateur : ce qui se passe après la signature
C’est probablement là que se trouve la principale leçon de ces accords.
Une signature diplomatique ne constitue pas un résultat.
L’OIT souligne dans ses travaux récents sur les accords bilatéraux de migration de travail que l’écart entre les dispositions écrites et leur application demeure un problème important. L’organisation insiste également sur le suivi, la transparence et la participation des travailleurs et des employeurs.
Il faut donc regarder au-delà des cérémonies et des communiqués.
Pour chaque accord, cinq questions devraient être posées :
1. Combien d’argent a réellement été versé ?
2. Combien de personnes ont obtenu une voie légale de migration ?
3. Combien de personnes ont été empêchées de partir ou renvoyées ?
4. Quelles garanties existent pour les droits fondamentaux ?
5. Qui contrôle l’utilisation des fonds et l’application des engagements ?
Ces indicateurs permettent de distinguer un véritable partenariat d’un simple arrangement de contrôle.
Une relation qui entre dans une nouvelle phase
L’Europe n’est plus seulement confrontée à la question de l’immigration irrégulière.
Elle doit aussi répondre à ses besoins démographiques et à ses pénuries de main-d’œuvre. L’Union elle-même reconnaît que la migration professionnelle peut contribuer à répondre aux besoins du marché du travail européen.
L’Afrique, de son côté, demeure un continent jeune, marqué par une forte mobilité interne et internationale, mais aussi par une demande importante d’emplois, de formation et d’opportunités.
Ces deux réalités pourraient se compléter.
Mais seulement si la mobilité légale occupe une place suffisamment importante dans les accords.
Sinon, le risque est de construire une coopération dans laquelle la circulation des personnes est contrôlée avec précision tandis que la promesse de circulation légale reste limitée.
Le marché migratoire n’est pas équilibré par nature
Les accords entre l’Afrique et l’Europe ne peuvent donc pas être compris comme de simples contrats où l’un paie et l’autre contrôle.
Ils sont devenus des instruments de politique étrangère.
L’Europe apporte des financements, des investissements, des possibilités de mobilité et une coopération institutionnelle. En retour, elle recherche une coopération plus forte sur les frontières, les passeurs, les départs irréguliers et les retours.
Les États africains, eux, ne sont pas dépourvus de leviers. Leur position géographique, leur jeunesse, leurs marchés, leurs ressources et surtout leur capacité à coopérer ou non avec les dispositifs européens leur donnent une marge de négociation.
Mais cette marge dépend fortement de leur capacité à négocier collectivement.
La tendance observée en 2026 vers des positions communes en Afrique de l’Ouest sur les accords de migration de travail montre que cette prise de conscience existe déjà.
La question « qui profite ? » appelle donc moins une réponse unique qu’un changement de focale.
Si l’on mesure le succès à la capacité de contrôler les frontières, l’Europe dispose aujourd’hui d’outils plus nombreux qu’il y a dix ans.
Si on le mesure à la capacité des États africains à obtenir des investissements, des emplois et des voies de mobilité pour leurs citoyens, les résultats sont beaucoup plus variables.
Et si l’on place le migrant au centre de l’analyse, le véritable test reste encore à faire : transformer une politique principalement conçue pour empêcher certains déplacements en une politique capable d’organiser des mobilités sûres, légales et respectueuses des droits.
C’est probablement là que se jouera la prochaine bataille diplomatique entre l’Afrique et l’Europe : non plus seulement autour de la question de savoir qui peut empêcher les migrants de partir, mais autour de celle de savoir qui décide qui peut circuler, dans quelles conditions et pour travailler où ?
