Dans de nombreux pays africains, partir à l’étranger est devenu le rêve d’une partie de la jeunesse. Études, emploi, stabilité, meilleures conditions de vie sont entre autre les nombreuses raisons. Mais pendant que certains États assistent impuissamment à la fuite de leurs cerveaux, le Rwanda a choisi une autre voie, celle de créer un environnement capable de retenir ses talents et même d’en attirer.

Le pays de Paul Kagamé a compris très tôt qu’un pays ne peut se développer durablement si sa jeunesse qualifiée quitte le territoire. Pour limiter cette fuite des compétences, Kigali a investi dans plusieurs secteurs stratégiques (l’éducation, le numérique, l’innovation et l’entrepreneuriat). Le gouvernement rwandais a ainsi développé des programmes de formation technologique, académiques et des centres d’innovation afin de préparer les jeunes à mieux s’adapter aux réalités contemporaines

Le Rwanda vulgarise les politiques de valorisation des compétences locales. Dans le secteur public, des stratégies ont été mises en place pour améliorer les conditions de travail, offrir des perspectives et encourager la formation continue afin de retenir les talents. Cette vision ne montre pas que tout semble beau. Certains jeunes Rwandais dénoncent encore le manque d’opportunités ou les difficultés liées à entreprendre. Ils estiment que l’écosystème technologique est restreint malgré les ambitions mise en avant. Mais la différence est que le Rwanda essaie de construire un cadre où les jeunes peuvent envisager un avenir localement.

Pour le Tchad, cette expérience peut insister à une réflexion. Le pays possède une jeunesse dynamique, créative et ambitieuse, mais confrontée à plusieurs défis que personne n’ignore, le chômage, manque d’industries locales, faibles opportunités professionnelles et insuffisance des formations adaptées au marché actuel. Beaucoup de jeunes considèrent alors la migration comme une porte de sortie. Pourtant, retenir les talents ne dépend pas uniquement des promesses. Un jeune reste lorsqu’il voit des perspectives concrètes : accès à l’électricité, aux formations de qualité, soutien à l’entrepreneuriat, stabilité institutionnelle, accès au numérique et valorisation de la méritocratie.

Le Tchad pourrait ainsi investir davantage dans les centres de formation technique, les métiers du numérique, les incubateurs de jeunes entreprises et les partenariats avec des grandes institutions universitaires internationales et des secteurs privés. Le développement d’un véritable écosystème de l’innovation permettrait non seulement de limiter la migration irrégulière, mais aussi de transformer la jeunesse en moteur économique. Aujourd’hui, la migration continuera d’exister, car elle fait partie du monde moderne. Mais le véritable défi pour les États africains n’est pas d’empêcher les jeunes de partir à la conquête des nouveaux horizons. Il est crucial de faire en sorte qu’ils aient une raison de rester ou de revenir construire leur pays.