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Migration & Réalité

Celles qui partent pour étudier : la fuite des cerveaux se conjugue aussi au féminin.

Djime Abdoulaye Ali 29 août 2026 2 min de lecture
Mains tenant des billets de banque et des documents au-dessus d'un passeport pour un projet d'étude à l'étranger.
Préparation du budget et des documents de voyage pour étudier à l'étranger.

On parle toujours des médecins et ingénieurs qui quittent le Tchad. Rarement d’elles. Pourtant, les étudiantes tchadiennes sont de plus en plus nombreuses à faire leurs valises. Destination : Maroc, Tunisie, France, Canada. Objectif : un diplôme, un avenir.

Elles s’appellent Amina, Grâce, Hawa. Bachelières brillantes à N’Djamena ou Moundou. Faute de filières, de labos équipés ou de masters, elles partent. L’UNESCO le confirme : depuis 2020, les départs féminins pour études supérieures ont bondi de 65% au Tchad. La fuite des cerveaux n’a plus seulement un visage d’homme.

Leur parcours est double. Réussir l’exil et déjouer les obstacles de genre. « Mes parents ont accepté pour mon frère. Pour moi, il a fallu négocier deux ans », confie Hawa, en master de biotechnologie à Rabat. Mariage précoce, pression familiale, harcèlement sur les campus étrangers : le prix du diplôme est plus lourd pour elles.

Une fois diplômées, peu reviennent. Salaires, sécurité, reconnaissance manquent au pays. Elles intègrent des labos à Montréal, des hôpitaux à Lyon, des startups à Dakar. Le Tchad perd des pharmaciennes, des agronomes, des codeuses.

Mais la diaspora s’organise. Mentorat WhatsApp, bourses entre sœurs, réseaux d’entraide. Elles financent la scolarité des cadettes restées au pays. Partir, pour mieux faire revenir le savoir.

La question n’est plus « pourquoi elles partent ». Mais « que fait-on pour qu’elles reviennent ? »

Sources : UNESCO, Campus France, témoignages diaspora – 2026

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